Présentation du système domotique MyHome de Legrand

interrupteur myhome

En 2013, j’ai fait construire ma maison, j’ai commencé à faire construire ma maison et j’ai connu un nombre de problèmes considérable… mais ceci est une autre histoire. Dans ce billet, je vais vous faire un petit retour d’expérience sur la partie domotique de ma maison. À l’époque, l’internet des objets était quasiment inexistant et la domotique était limitée. Aujourd’hui, les systèmes sont bien plus ouverts. Je me souviens avoir épluché les livres et sites internet sur le sujet (notamment maison et domotique qui comparait les solutions domotiques).

Je me suis finalement lancé dans la domotique filaire via la solution MyHome de Legrand sur conseils de mon électricien.

On dit souvent qu’il est préférable de mettre en place de la domotique filaire dans le cas d’une construction. J’étais parti de ce postulat. Cela présente différents avantages : pas de changement de pile, pas de problème d’ondes radio… c’est une solution fiable. Je ne dis pas que c’est la meilleure solution et au final, je pense que chacun doit choisir la solution qui lui correspond le mieux (entre facilité de mise en oeuvre,  coût et fonctionnalités apportées).

Selon moi, la domotique doit être un ajout de confort, pas un système que l’on utilise à la place d’un autre. Il doit être d’une fiabilité exemplaire, mais ne doit pas remplacer un système plus simple, juste le compléter. Par exemple, ne plus pouvoir ouvrir sa porte de garage parce qu’il y a un bug quelconque est impensable pour moi. Et dans l’optique de convertir ma femme, il était nécessaire que cela fonctionne d’emblée.

Un autre élément déterminant est que je ne voulais pas dépendre d’un serveur distant pour faire fonctionner la domotique de ma maison. Sans internet ou si l’entreprise proposant le service vient à s’arrêter, je ne peux plus bénéficier de domotique.

Dans ce premier article, je vais vous présenter le système de Legrand et comment le configurer. Dans de prochains articles, je vous montrerai comment aller plus loin avec cette solution (configuration et bien sûr branchement à d’autres systèmes, ouverture vers internet…).

logo myhome

Présentation du système

Le système filaire est basé sur un bus de commande. Ce bus parcourt l’ensemble des éléments de ma maison pour leur donner des ordres. Cela se traduit par deux fils non polarisés, permettant l’alimentation électrique de l’ensemble du système (27 V) et le transport de l’information.

Au niveau du compteur électrique, une partie est dédiée à la domotique. Il s’agit du cœur du système. On peut y voir l’ensemble des modules permettant d’adresser les différents éléments de la maison. Dans mon cas les lumières, volets roulants, porte de garage et prises.

compteur

Le système peut être configuré de deux façons : une configuration physique (aucune différence avec une installation électrique normale si ce n’est un portefeuille plus léger) et une configuration virtuelle. Les deux configurations cohabitent parfaitement et c’est même la force de ce système. Il offre la fiabilité et la sérénité d’une installation classique avec la possibilité d’en faire une maison connectée. La preuve en est, je n’ai pas eu le temps de me pencher sur la domotique dans ma maison depuis que j’y habite (ce qu’on ne sait pas au début, c’est que tout dans une maison prend du temps).

Cela permet également d’avoir des interrupteurs configurables à volonté : si je décide que l’interrupteur dans mon entrée doit allumer la lumière de dehors au lieu de la lumière de mon hall, il suffit de changer l’adressage de ce dernier.

Les actionneurs

Si l’on regarde en détails le tableau, on s’aperçoit que certains modules reviennent souvent. À quoi servent-ils ? Ce sont les actionneurs qui composent notre système. Ils vont permettre de faire le lien entre l’élément déclencheur et l’élément à déclencher. Tout cela en décrivant de façon physique un adressage de chacun de nos éléments.

actionneur

 

Ils sont disponibles en deux versions : la première permet la commande d’une charge simple (l’éclairage), la seconde celle d’une charge double (moteur pour volets roulants).

Les commandes

Il s’agit ici de nos interrupteurs, branchés eux aussi aux deux fils de notre bus pour communiquer avec les actionneurs.

Quand on appuie sur l’interrupteur pour allumer notre lumière, un ordre est envoyé à l’actionneur qui va contacter la bonne ampoule. Mais comment l’interrupteur sait à quelle ampoule s’adresser ? Grâce à l’adressage.

L’adressage par cavaliers

La configuration se réalise en insérant dans les emplacements prévus des dispositifs, des cavaliers appelés configurateurs, différenciés par un numéro, un symbole et une couleur. Vous les retrouverez derrière les interrupteurs et sur les actionneurs. Ils permettent de donner une adresse physique à notre élément et de pouvoir communiquer avec celui-ci.

interrupteur

Pour donner un identifiant unique à notre élément, les différents chiffres correspondent à :

  • L’Ambiance (A) : Ensemble des dispositifs appartenant à une zone logique (la salle, la chambre, etc. d’une habitation, par exemple).
  • Le Point Lumière (PL) : Numéro d’identification de chaque actionneur à l’intérieur de l’Ambiance.
  • Le Groupe (G) : Ensemble des dispositifs appartenant à des environnements différents et qui doivent être commandés simultanément (par exemple les volets de la zone nord de l’habitation, l’éclairage de la zone jour, etc.).

Par exemple,  les lumières de mon salon sont identifiés par les nombres 56 et 57 (5 pour le A, et 6 et 7 pour le PL).

De la même façon, si l’on souhaite configurer le système informatiquement à partir de là, nous n’avons plus qu’à reporter les adresses dans le logiciel fourni par Legrand.

Le serveur Web (F454)

serveur web myhome

Il se présente ici comme un élément du compteur auquel nous pouvons nous brancher en Ethernet ou USB. Il permet d’offrir une passerelle pour la gestion de l’installation que ce soit de l’intérieur ou de l’extérieur de la maison, et ce, de façon sécurisée.

L’avantage de cet élément est qu’il se suffit à lui-même. Pas besoin de le brancher à internet, nous pouvons l’utiliser comme un site intranet pour contrôler notre maison.

C’est lui qui nous permet la configuration virtuelle en utilisant le logiciel dédié. Nous verrons ça dans le second article…

Les autres avantages

En quelques mots :

  • L’esthétique Legrand (Céliane par exemple, mais également Arnould et Bticino).
  • La gestion de la vidéophonie et vidéo-contrôle, de la sécurité et de la thermorégulation par le serveur web.
  • La nouvelle offre MyHomePlay de Legrand (sorti en 2016) pour compléter en sans fil l’offre existante.
  • Des box domotique compatibles dont la principale MyOmBox fonctionnant avec d’autres systèmes.
  • Un protocole de communication ouvert : OpenWebNet.

Les limites

En quelques mots également :

  • Le prix (l’installation et les modules sont coûteux, Celiane également).
  • L’évolutivité (de part son installation physique et de part ce que propose Legrand).
  • Le lien avec les autres systèmes est complexe de base.
  • La complexité de mise en oeuvre dans des maisons existantes.
  • Un électricien agréé Legrand doit procéder à l’installation pour bénéficier du service web MyHome_web (permettant de contrôler sa maison à distance via les serveurs Legrand).

Conclusion

Et voilà, vous êtes maintenant familiarisés avec le système de bus MyHome. Dans notre prochain article, je vous montrerai comment configurer virtuellement notre système afin de l’utiliser depuis une tablette.

Ressources

Je vous conseille un excellent article sur le site Abavala concernant la maison en démo de Legrand disponible ici.

Expert technique en développement web et mobile, je suis passionné par les nouvelles technologies et plus particulièrement par la domotique, les environnements web et mobile et les systèmes intelligents.

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6 réponses

  1. Fred dit :

    Salut,

    Merci pour cet article, j’ai quelques questions subsidiaires :

    As tu integrer ta domotique dans jeedom ?

    Tu parles de contraintes d’évolutivité c’est juste d’un point de vue installation ou d’un point de vue configuration ?

    Last but not least 😉 Ca marche sans cloud ?

  2. Jérémy Paris dit :

    Bonjour,
    merci pour ton commentaire.

    Pour répondre à tes questions :
    – Je n’ai pas intégré cette solution domotique dans un autre système mais je sais qu’il existe un ou des plugins jeedom pour communiquer avec le protocole OpenWebNet du serveur MyHome. Je n’ai pas pu tester cela pour le moment mais espère en parler dans les prochains articles.

    – L’évolutivité est une contrainte d’un point de vue installation car dans la domotique filaire, il n’est pas simple d’ajouter/modifier son installation électrique. D’un point de vue configuration, c’est également bridé par Legrand. Il faut alors miser sur le protocole OpenWebNet pour communiquer et créer des interactions.

    – Enfin, oui, ça marche sans cloud, pas besoin de se connecter à un serveur distant. Le serveur web Legrand permet de gérer indépendamment son installation interne. Il existe ensuite le portail MyHome Web qui permet de contrôler son installation depuis internet à travers les serveurs de Legrand.

    N’hésites pas si tu as d’autres questions.

  3. Bricolo dit :

    “Un autre élément déterminant est que je ne voulais pas dépendre d’un serveur distant pour faire fonctionner la domotique de ma maison. Sans internet ou si l’entreprise proposant le service vient à s’arrêter, je ne peux plus bénéficier de domotique.”

    Votre installation semble pas mal, mais pas très ouverte… Du coup, si votre serveur Web (F454) devait tomber en panne dans quelques années et que Legrand ne le fabrique plus, vous risquer fort de vous retrouver dans l’écueil que vous souhaitiez éviter…

  4. Jérémy Paris dit :

    Bonjour Bricolo,
    tout d’abord, merci pour ton message.
    Oui, effectivement, le système Legrand n’est pas très ouvert de base et il est possible de se trouver piéger de la même façon, à quelques différences près, de mon point de vue :

    – Un service web peut tomber, subir des attaques. Tu peux également perdre internet. Il y a plus de contraintes à dépendre d’un service web au quotidien que d’un matériel qui peut se trouver défaillant un jour.

    – Il s’agit d’un choix que j’ai fait en 2013. J’ai pesé les pour et les contre à ce moment-là par rapport au marché et technologies de l’époque.

    – Legrand a mis à jour le firmware du serveur plusieurs fois en 2016, il est toujours actif sur cette solution. Il est également une référence dans les installations électriques, contrairement à certaines startups qui poussent des solutions domotiques.

    Alors oui, si je ne trouve plus de pièces et que je ne peux plus réparer cet élément, je ne pourrais plus contrôler ma maison depuis le réseau.
    Mon installation deviendra alors une installation électrique classique et je pourrais encore changer la configuration de mes interrupteurs.
    C’est un choix, un parti pris à un instant T mais aujourd’hui, la domotique est en ébullition et nul ne sait comment cela va évoluer.

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